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Piper Laurie
| Biographie |
Née le 22 janvier 1932 à Détroit, au Michigan, sous le nom de Rosetta Jacobs, l'actrice Piper Laurie débute très jeune dans le métier. Elle signe à dix-sept ans, en 1949, avec la multinationale Universal, un contrat d'une durée de huit ans qui exploite avec succès son physique gracile et sa chevelure rousse dans des films exotiques, des comédies ou des westerns. Elle débute dans deux films sans prétention: « The milkman » (1949) et « Louisa » (1950), cette dernière production la mettant en vedette avec nul autre que l'ancien président des États-Unis, Ronald Reagan. On la retrouve par la suite dans « Francis goes to the races » en 1951. Elle tourne ensuite plusieurs films où elle se retrouve comme partenaire idéale de certains acteurs. Auprès de Tony Curtis par exemple, elle va tourner plusieurs productions, et notons parmi celles-ci « Le voleur de Tanger » (« The Prince who was a thief », 1951), « Le Fils d'Ali Baba » (« Son of Ali Baba », 1952), « No room for the groom » (1952) et « Johnny Dark » (1954). De même, elle va se retrouver aussi aux côtés de Rock Hudson dans « Has anybody seen my gal ? » (1952) où débute ici le légendaire James Dean et dans « The Golden Blade » (1953). Elle va travailler aussi avec Rory Calhoun comme co-vedette dans « Dawn at Socorro » (1954) et dans l'excellente production « Ain't Misbehavin' » (1955). Parmi les autres films où Piper Laurie tient la vedette durant les années cinquante, il y a « Le gentilhomme de la Louisiane » (« The Mississippi Gambler », 1953) avec Tyrone Power, « Dangerous Mission » (1954) avec Vincent Price, « Le fleuve de la dernière chance » (« Smoke Signal », 1955) et « Kelly and Me » (1957) avec Van Johnson, ainsi que de nombreux téléfilms dont « The Ninth Day » (1956) et « The road that led afar » (1956).
Piper Laurie fait aussi du théâtre à New-York. On la retrouve notamment dans « La ménagerie de verre » (« The Glass Menagerie ») de Tennessee Williams. Elle devient aussi une vedette de la télévision, jouant dans presque tous les téléthéâtres possible ! C'est ainsi qu'on peut la voir dans « The United States Steel Hour » (1953), « Robert Montgomery Presents » (1955), « The best of Broadway » (1955), « Front Row Center » (1956), « Playhouse 90 » (1956), « General Electric Theater » (1956 à 1959), « Studio One » (1957) dans la pièce « The Deaf Heart » où elle va recevoir sa première nomination comme meilleure actrice aux Emmy Awards, puis dans « Hallmark Hall of Fame » (1957, dans la pièce « Twelth Night ») et dans « Naked City » (1958-1959).
Mais Piper Laurie n'est pas satisfaite. Elle trouve que sa carrière piétine et se limite toujours aux mêmes rôles de filles gentilles et belles qui supportent ceux des acteurs principaux, toujours virils et beaux, et ce tant dans les films que dans les pièces. Elle veut des rôles plus dramatiques où elle pourrait nous montrer son véritable talent. Cela ne tarde pas à se faire, puisque qu'en 1957, elle tourne aux côtés d'une excellente distribution constituée de Paul Newman, Jean Simmons, Joan Fontaine et Sandra Dee, le film « Until They Sail », qui devient un classique de la MGM (Laurie a entre temps terminé son contrat avec la Universal). À la télévision, elle triomphe dans deux téléfims: « Caesar and Cleopatra » (1958) mais surtout dans « Le jour du vin et des roses » (« Days of Wine and Roses », 1958) ou Cliff Robertson et elle incarnent tout deux un couple d'alcooliques. Les critiques sont dithyrambiques et Laurie (tout comme Robertson) hérite d'une autre nomination aux Emmy Awards.
Après une année quasi sabbatique, Piper Laurie obtient le rôle de sa vie en 1961, celui de Sarah Packard, la pathétique épouse alcoolique de Paul Newman dans le film « L'arnaqueur » (« The Hustler »). Hollywood reconnaît enfin cette talentueuse actrice et lui donne une première nomination aux Academy Awards (Oscars) en tant que meilleure actrice. Mais Piper Laurie est une femme indépendante et en guise de pied de nez à l'industrie, elle épouse le critique de films Joseph Morganstern et part vivre avec lui en Australie. Elle y restera pendant des années, stoppant ainsi sa carrière pendant quinze ans ! Sa fille Anne en profite pour naître durant cette période, en 1971. Piper va divorcer de Joseph dix ans plus tard, en 1981.
En 1976, le jeune réalisateur Brian De Palma veut adapter au cinéma le livre à succès de Stephen King « Carrie ». En se promenant à New-York, il tombe sur Piper Laurie qui y séjourne pour quelques jours. Il a alors la révélation de sa vie en la voyant et lui demande de jouer dans son film le rôle de Margaret White, la sadique et fanatique mère de la petite Carrie. Elle accepte de relever le défi et se joint ainsi à la distribution. Le film « Carrie » (1976) s'avère un énorme succès partout et Laurie y gagne des nominations d'actrice de soutien tant aux Oscars qu'aux Golden Globes Awards. C'est ce qui s'appelle un retour en force, surtout après quinze années d'absence ! Sissy Spacek, l'interprète de Carrie, aura aussi des mentions spéciales comme actrice, et de nombreux jeunes et moins jeunes talentueux acteurs se feront connaître de par cette production (Betty Buckley, Nancy Allen, John Travolta, William Katt, Amy Irving, P.J. Soles...).
Suite à ce succès aussi heureux qu'inattendu, Piper Laurie revient alors définitivement à son métier d'actrice. Elle tourne de nombreux téléfilms, dont « A woman's rebel » (1976), « Qu'est-il arrivé à Karen Ann Quinlan » (« In the matter of Karen Ann Quinlan », 1977), « Rainbow » (1978), « Skag » (1980), « The tragedy of Macbeth » (1981), « The bunker » (1981) où elle est encore une fois nominée aux Emmy Awards, et « Mae West » (1982). Elle apparaît dans certaines émissions de télévision en tant qu'artiste invitée; on pense ici à « St-Elsewhere » (1982-1983), « Hôtel » (1984), « Elle écrit au meurtre » (« Murder she wrote », 1984) et « Tender is the night » (1985). Elle tourne des films pour le grand écran aussi, dont le film d'horreur « Ruby » (1977) et « Boss's Son » (1978). Occasionnellement de retour en Australie, elle en profite pour y tourner là-bas, aux côtés du débutant et charmant Mel Gibson, le ravissant film « Tim » (1979), d'après le roman à succès du même nom de Colleen McCullough, et toujours pour cette auteure populaire, elle incarne le rôle d'Anne Muller dans « Les oiseaux se cachent pour mourir » (« The Thorn Birds », 1983) qui devient dès lors une des miniséries les plus populaires de l'histoire de la télévision.
Piper Laurie continue de tourner une série de téléfilms à succès, dont trois en la seule année 1985: « Toughlove » avec Lee Remick, Bruce Dern et Jason Patric, « Love Mary », et « Return to Oz » avec Nicol Williamson et Fairuza Balk. En 1986, elle obtient deux grands succès: l'extraordinaire téléfilm « La promesse » (« Promise ») qu'elle tourne aux côtés de James Garner et de James Woods et qui lui permet d'obtenir enfin son premier Emmy Award comme meilleure actrice de soutien (après de nombreuses nominations), et sur grand écran, elle excelle dans le rôle de la mère de Marlee Matlin dans « Les enfants du silence » (« Children of a Lesser God ») qui la met aussi en vedette avec William Hurt et qui donne à Madame Laurie sa troisième nomination à l'Oscar. Elle revient alors plus souvent au cinéma avec « Distortions » (1987) aux côtés d'Olivia Hussey, « Tigre Warsaw » (« Tiger Warsaw », 1988) où elle est la mère de Patrick Swayze, « Rendez-vous avec la mort » (« Appointment with death », 1988) d'Agatha Christie, « Go toward the night » (1988), « Dream a little dream » (1989), « Rising Son » (1991) aux côtés de Brian Dennehy et de Matt Damon, « L'argent des autres » (« Other People's Money », 1991) avec Gregory Peck et Danny DeVito, « Trauma » (« Dario Argento's Trauma », 1992), « Rich in love » (1992) avec Ethan Hawke, Albert Finney, Jill Clayburgh et Kyle MacLachlan, « J'ai connu Hemingway » (« Wrestling Ernest Hemingway », 1993) aux côtés de Robert Duvall, Richard Harris et Shirley MacLaine, « Storyville » (1993) avec James Spader, puis à nouveau dans quelques téléfilms, dont « Mother, mother » (1989), « Love, lies and lullabies » (« Sad Inheritance », 1993) avec Susan Dey et D.W. Moffett, « Fighting for my daughter » (1995) avec Lindsay Wagner et l'excellent « The Road to Galveston » (1996) avec Cicely Tyson.
Entre temps, en 1990, le réalisateur David Lynch lui propose un double rôle dans une série télé qui va devenir une véritable série culte. Il s'agit de « Mystères à Twin Peaks » (« Twin Peaks ») où Piper Laurie va tenir le rôle de la vilaine et énigmatique Catherine Packard Martell en même temps que celui de Monsieur Tojamura San, un mystérieux investisseur japonais, un doublé inoubliable qui lui donnera le prix Golden Globes de la meilleure actrice de soutien et encore une fois une nomination aux Emmy Awards. Le succès est tel que la série de « Lynch l'original » est prolongée d'une année pour se terminer ainsi en 1991. « Twin Peaks » met aussi en vedette Kyle MacLachlan, Michael Ontkean, Joan Chen, Richard Beymer, Lara Flynn Boyle et Ray Wise.
Madame Laurie va tourner aussi dans d'autres séries, mais à titre de « guest star ». On peut la voir dans « Traps », « ER » et « Touched by an angel » en 1994, dans « Will and Grace », « Palmer's Pickup » et « Brother's Keeper » entre 1998 et 2000, et dans « Frasier » (1999) où elle est encore et toujours nominée aux Emmy...
En vue de terminer sa carrière en beauté, Piper Laurie reste fidèle au cinéma. On peut la voir dans de très beaux rôles dans les films suivants: « Passions d'automne » (« The Grass Harp », 1995) où elle retrouve avec un évident bonheur Sissy Spacek, et qui en plus se joignent à elles des noms aussi prestigieux que Walter Matthau, Jack Lemmon, Roddy McDowall, Edward Furlong, Nell Carter et Mary Steenburgen, « L'Obsession » (« The Crossing Guard », 1995) de Sean Penn avec Jack Nicholson, David Morse et Anjelica Huston, « Saint-Patrick's Day » (1997, une production irlandaise), « Horton Foote's Alone » (1997), « A Christmas Memory » (1997), « Les enseignants » (« The Faculty », 1998), « Intensity » (1998) du réalisateur Québécois Yves Simoneau, « Inherit the wind » (1999), « The Mao Game » (1999), « Possessed » (2000) avec Timothy Dalton et Christopher Plummer, « Midwives » (2000) pour une troisième fois en compagnie de la superbe Sissy Spacek, « The last brickmaker in America » (2001) avec Sidney Poitier et « Eulogy » (2003). En 2002, elle est de nouveau sur les planches à New-York, sur Broadway (« Mornings at seven »).
Piper Laurie a eu une carrière peu commune, voire unique dans l'industrie du théâtre, de la télévision et du cinéma. Très populaire, et très à l'aise dans n'importe quel de ces médias, elle a certainement laissé sa marque à sa façon dans le milieu, car qui peut oublier la méchante et terrifiante Margaret White, mère de Carrie ? Qui peut oublier la sympathique et douce Mary Horton qui apprend avec tant de patience au beau Tim (Mel Gibson) comment aimer avec passion dans « Tim » ? Ou encore Anne Muller, responsable des amours de Ralph de Bricassart (Richard Chamberlain) et de Meggie Cleary (Rachel Ward) dans « Les oiseaux se cachent pour mourir » ? Ou encore de Catherine Packard Martell, la seule « méchante » de « Twin Peaks » à s'en sortir jusqu'à la fin ? Si Piper Laurie a été très discrète sur sa vie privée (des potins l'avaient faussement fiancée à Rock Hudson dans les années cinquante...), vie dont on ne sait pratiquement rien, en revanche, elle a été très intense dans son travail et surtout toujours très active. Et à ce jour (septembre 2003), elle n'a sans doute pas fini de nous surprendre. Madame Laurie a aujourd'hui 71 ans et a encore des projets plein la tête. Une actrice hors pair, exceptionnelle. |
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